RetourLe monument aux morts
Le 14 Mars 1920, le Conseil Municipal vota une somme de 1 000 francs pour l'érection d'un monument et déclara une souscription ouverte qui produisit 6 000 francs, le département avait donné 100 francs... . A la séance du 4 juin, : "...conformément au désir du Conseil Municipal, le maire a fait établir un dessin et un devis de monument commémoratif... il demande avis sur le projet qui est adopté à l'unanimité, le marché de 7 096 francs, sera mené de gré à gré...". A la même séance, le Conseil décida, à l'occasion de l'inauguration du monument, qu'un banquet serait offert : "...aux démobilisés, aux membres du Conseil Municipal, aux pompiers, aux parlementaires et aux questeurs..." pour lequel une somme de 3 100 francs sera ajoutée au budget de 1921, avec la permission du préfet. Dès l'Armistice de 1918, les soldats de Bonneville, revenus dans leurs foyers et groupés sous le nom de "SOCIETE DES DEMOBILISES", manifestèrent une certaine mésentente avec le Conseil Municipal à propos de la réalisation du monument. En, 1921, cette association prit le nom d' "UNION BONNEVILLAISE" et toutes ses activités furent relatées dans un précieux cahier, actuellement à la mairie, tenu de 1921 à 1973. Au début de l'année 1921, la municipalité avait directement décidé de la réalisation du monument par l'entreprise Tessier de Lisieux et, on peut lire au début du cahier : "C'est alors que les démobilisés, mécontents de n'avoir pas été consultés en cette occasion, décidèrent, sur la convocation d'un certain nombre d'entre eux, de se réunir le 29 mai 1921, à l'école des garçons, pour se concerter et élaborer, eux aussi, une proposition qu'ils soumettraient au Conseil Municipal... Le maire accepta de recevoir les délégués et tout s'arrangea..." Le 7 août 1921, le monument devait être en voie d'achèvement pour que le Conseil commande le banquet de reconnaissance pour l'inauguration : le 25 septembre 1921, repas, dont fut chargé Mr Ferdinand PINEL, maître d'hôtel, pour 175 convives (20 francs par personne). La cérémonie "...se déroula avec toute la dignité qu'elle exigeait. Les Démobilisés s'étaient donc groupés pour rendre hommage à leurs frères morts pour la France..." dit le cahier. Le terrain, où est érigé le monument assez loin du centre du bourg, mais sur les nouvelles voies d'accès constituées autour de la voie ferrée, fut donné par Mr Robert Le Bourg et son épouse née Suzanne Le Barbé en souvenir du frère de celle-ci : Mr Pierre Le Barbé mort pour la France. L'acte de cession en fut passé le 8 octobre 1921 devant Maître Thiron, notaire de Cormeilles. Dès le 30 Octobre, la municipalité a prévu un aménagement autour de la stèle avec des plantations que fera Mr BRIART, entrepreneur à Bonneville la Louvet. Jusqu'en 1932, l'entretien du lieu fut assuré bénévolement par l'Union Bonnevillaise. Le 3 mai 1946, à la séance du Conseil Municipal, il fut décidé de poser deux plaques sur le monument aux Morts "...en mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre de 1939-1945". L'union bonnevillaise, qui comptait à l'origine plus de 70 membres, s'était dotée de statuts officiels, d'un drapeau, d'insignes, et se chargeait d'organiser, tous les ans, les commémorations du 11 novembre avec messes, hommages aux disparus et presque toujours un banquet devenu repas amical en 1964. Peu à peu, les membres de l'association disparurent jusqu'à n'être plus que 5 en 1973, date à laquelle le cahier s'arrête. Mais Bonneville la Louvet commémore toujours, avec ferveur, ses morts chaque année le 11 novembre.
La Première Guerre Mondiale (1914-1918) fit plus de 8 000 000 de morts en Europe dont 1000 000 pour la France ; des plus grandes villes aux plus petites communes, toutes furent touchées par ces deuils. Après l'armistice du 11 novembre 1918, les familles des disparus et les soldats démobilisés survivants voulurent garder la mémoire de leurs camarades tombés au combat et soutenir les blessés dits "Les Gueules Cassées" dont l'avenir était brisé. Dans sa séance du 17 Août 1919, le Conseil Municipal de Bonneville la Louvet décida ; "...à l'unanimité qu'une fête de reconnaissance doit avoir lieu en l'honneur des soldats... rentrés dans leurs foyers. Fête dont les frais doivent incomber en totalité à la commune, réservant toute souscription pour l'érection d'un monument en mémoire des soldats morts pour la France ou disparus...". Quoique aucun budget n'ait été prévu pour cela en 1919, on prendra sur celui de la "Foire d'octobre" (250 à 300 francs).
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